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Albert Marcellin, directeur de Cardell Export

"Nous attendons l’arrivée de Pink Lady pour redynamiser le marché"

Les pommes en démarche club comme Pink Lady semblent redynamiser le marché.
Les pommes en démarche club comme Pink Lady semblent redynamiser le marché. Photo : Pink Lady

Une production européenne en baisse, des stocks de fin de campagne au plus bas… Les voyants sont-ils vraiment au vert pour la pomme? Albert Marcellin, directeur de Cardell Export dresse un premier bilan de ce début de campagne. Mitigé mais optimiste!

Selon l’ANPP, tous les voyants sont au vert pour le marché de la pomme, notamment en raison d’une production française récemment revue à la hausse et d’une production européenne en baisse. Le constat est le même chez Cardell Export ?
Albert Marcellin: Selon moi, la situation est un peu plus complexe que cela. Nous sommes certes partis sur une bonne récolte française, en termes de quantité et de qualité. Mais, pour notre part, je ne pense pas qu’on arrivera à une récolte supérieure sur les bassins du Sud-Est et du Sud-Ouest où la sécheresse a malgré tout pénalisé la production, notamment sur les variétés précoces.

Mais cette campagne a tout de même mieux débuté que celle de l’an passé ?
A. M. : Bien évidemment. Ne serait-ce qu’en termes de prix, les cours sont en moyenne 10 centimes supérieurs à ceux de l’an passé, ce qui n’est pas très difficile vu les prix catastrophiques de la précédente campagne! Côté volume, nous avons connu un bon démarrage à l’export. Le marché français a été plus long à démarrer et nous constatons même un ralentissement des ventes depuis trois semaines et désormais aussi sur le marché européen.

Selon vous, quelles sont les raisons de ce ralentissement du marché ?
A. M. : Il y a tout d’abord une explication "mécanique" : quand les cours sont plus élevés, on assiste toujours à un tassement des ventes. C’est pourquoi ce ralentissement n’est pas vraiment inquiétant. En revanche, je pense qu’il y a aussi une tendance de fond qui se dégage, celle d’un changement dans les habitudes de consommation. Je ne sais pas si les gens se sont lassés des variétés classiques comme Gala et Golden, qui, il faut l’avouer, sont loin d’être exceptionnelles en termes de goût, mais force est de constater que les variétés club de type Pink Lady® ou encore Honey Crunch® connaissent un réel engouement depuis quelques années. Prenons le cas de la pomme bio Juliet®1 que nous commercialisons chez Cardell Export. Je reviens du Salon Natexpo et j’ai été vraiment surpris de l’engouement des consommateurs pour cette pomme qu’ils connaissent et surtout qu’ils attendent. Preuve qu’une vraie image de marque pour une variété bien travaillée ne peut que servir à son développement. On le remarque d’autant plus que malgré les récentes opérations de promotion en GMS avec des pommes à 1 ou 1,10 euro le kilo, la consommation ne redémarre pas. La recherche du prix le plus bas se fera toujours au détriment de la qualité et je pense qu’aujourd’hui, une grande partie des consommateurs recherchent avant tout une pomme de qualité. Seules des variétés dotées d’un cahier des charges exigeant pourront les satisfaire. C’est pourquoi nous restons optimistes et nous attendons beaucoup de l’arrivée de Pink Lady pour redynamiser ce marché !

(1) En 2014, Cardell Export a commercialisé 4 000 tonnes de pommes Juliet® dont 17% vers l’Asie.

Retrouvez dans L'Arboriculture Fruitière n°697 qui paraîtra le 3 novembre prochain, un dossier spécial "Pommes" avec notamment l'analyse de ce début de campagne par Vincent Guérin, responsable des affaires économiques à l’ANPP.
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