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Projet VIGISPORES

Vers un OAD pour la gestion de trois maladies fongiques de l’échalote

Publié le 20/04/2017 par Danielle Bodiou dans
Le dispositif développé s’appuiera sur un OAD associant des capteurs de spores  (photo) à des tests de détection et de quantification moléculaire des trois champignons.
Le dispositif développé s’appuiera sur un OAD associant des capteurs de spores (photo) à des tests de détection et de quantification moléculaire des trois champignons. Photo : Vegenov

La filière légumière bretonne lance le projet Vigispores, dont l’objectif est de développer d’ici trois ans un outil d’aide à la décision qui permettra de lutter plus efficacement contre trois maladies fongiques majeures de l’échalote: le mildiou (Peronospora destructor), la brûlure des feuilles (Botrytis squamosa) et la pourriture du collet (Botrytis allii). "Les moyens de lutte contre ces trois champignons ne sont actuellement pas satisfaisants. En agriculture biologique, nous ne disposons pas de moyens de lutte en cours de végétation et, en agriculture conventionnelle, la maîtrise de ces maladies reste délicate du fait, bien souvent, d’un mauvais positionnement des traitements. Les modèles de prévisions des risques existants se basent sur des données météorologiques et algorithmiques qui ne prennent pas en compte les données réelles d’émission de spores sur le terrain", indique le Cerafel, coordonnateur du projet.
 

Des capteurs de spores

Le projet Vigispores, débuté en janvier 2017, vise à élaborer et mettre en place un réseau d’alertes à destination des producteurs à l’échelle de la région Bretagne. Le dispositif développé s’appuiera sur un OAD associant des capteurs de spores à des tests de détection et de quantification moléculaire des trois champignons. Il permettra de prévenir les producteurs de l’émission de pics de spores supérieurs à un seuil de nuisibilité pour ces trois maladies fongiques de l’échalote. Un tel OAD, adapté aux conditions régionales, pourra être utilisé en agriculture conventionnelle, pour mieux positionner ou réduire l’utilisation de produits phytosanitaires et en agriculture biologique, pour mieux piloter la date de récolte et le choix de conservation des lots.
Pour l’instant focalisé sur l’échalote, culture importante en Bretagne  (1670 ha en 2015) ce dispositif pourra ultérieurement être étendu à la culture d’oignon, également conséquente dans la région.

La filière légumière bretonne mobilisée

Des producteurs d’échalotes et l’association d’organisations de producteurs (AOP) Cerafel, des conseillers de la chambre d’agriculture de Bretagne, des techniciens des stations d’expérimentations régionales (Cate et SECL-Terre d’essais) et des chercheurs (Vegenov) travailleront conjointement au développement de cet OAD. Ils seront appuyés dans ce projet par des experts en développement de méthodologies de captage et quantification de spores de maladies fongiques des grandes cultures (Romain Valade, Arvalis) et en phytopathologie de la filière légumière bretonne (Jean-Luc Tanguy, OBS Innovation).
Ce projet s’inscrit dans les axes prioritaires du PEI-Agri en région Bretagne et en particulier dans l’axe: « Renforcer l’efficience des systèmes de production en Bretagne : optimiser les performances économiques, environnementales et sociétales avec moins d’intrants ». Il est financé par l’Union Européenne et la Région Bretagne.

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