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Des règles pour protéger les producteurs de bananes contre la hausse des importations

L’Équateur disposera d'un accès préférentiel au marché européen, mais les intérêts des producteurs de l'UE seront protégés par un mécanisme de stabilisation temporaire.
L’Équateur disposera d'un accès préférentiel au marché européen, mais les intérêts des producteurs de l'UE seront protégés par un mécanisme de stabilisation temporaire. Photo : Misko Kordic/Fotolia

Des règles visant à protéger les producteurs de bananes européens contre toute augmentation des importations en provenance de l'Équateur, suite à son adhésion à l'accord commercial UE-Colombie/Pérou, ont été adoptées le 2 février par les députés européens.

"L'adhésion de l'Équateur à l'accord commercial avec la Colombie et le Pérou a des répercussions importantes sur les producteurs de bananes européens. Il pourrait déstabiliser un secteur qui joue un rôle essentiel dans les régions ultrapériphériques de l'UE et 37 000 emplois en dépendent. Par conséquent, il est crucial que nos producteurs soient mieux protégés. Ils seront désormais mieux informés et davantage impliqués dans le contrôle du marché. Par ailleurs, la Commission aura l'obligation juridique d'intervenir en cas de hausse des importations. En adoptant ce texte, nous aidons activement nos régions ultrapériphériques, si importantes pour l'UE", a déclaré le rapporteur Marielle de Sarnez avant le vote.

Un mécanisme de stabilisation temporaire

L'Équateur, l'un des plus grands producteurs de bananes au monde, a adhéré à l'accord commercial de l'UE avec la Colombie et le Pérou en janvier 2017, après que l'accord a été approuvé par le Parlement européen en décembre dernier. Le pays disposera d'un accès préférentiel au marché européen, mais les intérêts des producteurs de l'UE seront protégés par un mécanisme de stabilisation temporaire.

Un accord politique sur ce mécanisme, qui permet la suspension de l'accès préférentiel après le dépassement d'un certain seuil annuel, a été conclu par les ministres et les députés européens en décembre 2016. Les négociateurs du Parlement ont également introduit un système d'alerte précoce, qui se déclenchera quand les volumes d'importation atteindront 80% du seuil. Dans ce cas, la Commission devra prévenir le Parlement et le Conseil.

Un mécanisme de stabilisation similaire a été mis en place entre l'UE et la Colombie et le Pérou depuis 2013, mais les échanges d'informations entre la Commission et le Parlement n'ont pas été satisfaisants, selon les députés.

Une déclaration commune veille à ce que la Commission révise la situation dans un délai de deux ans et puisse étendre le mécanisme de protection si la position des producteurs européens venait à s'aggraver.

Les députés ont modifié deux règlements, l'un régissant l'accord commercial de l'UE avec la Colombie et le Pérou, et l'autre concernant un accord d'association avec l'Amérique centrale.

Les nouvelles dispositions ont été adoptées par 544 voix pour, 78 voix contre et 21 abstentions. Elles entreront en vigueur après leur approbation formelle par le Conseil.

La banane est le fruit le plus consommé au monde. L'Union européenne est son premier marché, achetant un tiers des exportations mondiales. Les Européens importent principalement depuis les pays d'Amérique latine, alors qu'environ 11% de la demande européenne est fournie par les producteurs européens d'Espagne (îles Canaries), de France (Guadeloupe et Martinique), du Portugal (Madère et les Açores), de Chypre et de Grèce.

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