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​Conférence syndicale du Sival

Marre des visions passéistes

Jean-Marc Lèze, président de la FRSEA Pays de la Loire, Philippe Rotière, président des Maraichers nantais, Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France et du CTIFL, Bruno Dupont, président du Sival.

C’est Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, qui a ouvert la traditionnelle conférence de presse organisée au premier jour du Sival. Fière d’être angevine, elle a salué ce salon "du plus" : « plus de mètres carrés, plus d’acheteurs, plus d’international ! », s’est-elle exclamée, soulignant l’importance que tant de "Géo Trouvetou" fassent avancer la filière dans l’innovation. Pour Christiane Lambert, il est déplorable que la France soit coincée dans une vision passéiste, nostalgique voire rousseauiste de son agriculture. « Non, ce n’était pas mieux avant ! Avant, c’était plus dangereux, plus difficile, moins sécuritaire. L’agriculture d’aujourd’hui et de demain est technologique et moderne. C’est ça qui attire jeunes ! »

TVA emploi

En cette année d’élection, Christiane Lambert a souhaité s’adresser aux candidats, déplorant ce phénomène qu’elle nomme le "4 fois 7" : « En 2016, et par rapport à 2015, nous avons laissé entrer en France 7% de fruits, 7% de légumes, 7% de vin et 7% de produits transformés en plus ! Des concurrents pénètrent notre marché alors même que nous perdons chaque jour des surfaces agricoles ! », s’est émue la syndicaliste. Christiane Lambert a également rappelé que la FNSEA portait, pour les présidentielles, à nouveau l’idée d’une TVA emploi. « Les cotisations sociales ne peuvent pas porter que sur le travail. La TVA Emploi, appliquée sur les produits importés, permettrait de lutter contre le dumping social. »

Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France et du CTIFL, partage le même constat alarmant quant à la diminution des surfaces maraichères et à la balance commerciale : « 53 % des légumes consommés en France sont importés ! » Le professionnel avoue que, chaque année, déambuler dans les allées du Sival est un moyen de se ressourcer pour le combat de l’année, et de se gonfler d’énergie. « Nous sommes les leaders en termes d’innovation ! La robotique est l’avenir de nos fermes : elle nous permettra de gagner en compétitivité, sans pour autant limiter les embauches ! », a martelé le légumier. Enfin, Bruno Dupont, le président du Sival – mais aussi d’Interfel – a rappelé que la profession doit impérativement se reconnecter avec le citoyen : un premier pas en ce sens a par ailleurs été engagé pendant le Sival, dans le cadre de la signature d’une charte d’engagement entre Interfel et les Pays de la Loire (lire page III). « Les messages passent par les consommateurs », a-t-il estimé.

 

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