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Projet Lubixyl

Une approche nouvelle contre "Xylella Fastidiosa"

Oliviers touchés par la bactérie "Xylella Fastidiosa", dans la région de Lecce (Italie) en mars 2016.
Oliviers touchés par la bactérie "Xylella Fastidiosa", dans la région de Lecce (Italie) en mars 2016. Photo : C. Bragard

Lundi dernier, le laboratoire AgroBioTech de l’Université Gembloux (Belgique) a présenté ses premiers résultats de l’action de lactopéroxydase sur Xylella fastidiosa. En effet, pour lutter contre la fameuse bactérie dont des foyers ont été détectés en Corse et Paca depuis l’été dernier, le Consortium Lubixyl Innovations, réunissant 33 laboratoires dont AgroBioTech, travaille sur une approche globale et systémique, plutôt qu’un recours aux insecticides pour tenter de tuer les insectes vecteurs, explique Didier Ousset, d’AgroBioTech et en charge de la communication pour Lubixyl:
 

"AgroBioTech travaille depuis plus de 40 ans sur le processus enzymatique de la lactopéroxydase, ou LPA, avec des effets prouvés contre le développement du mildiou de la pomme de terre et de la vigne. Nous nous sommes donc penchés depuis un an sur l’effet de la LPA sur Xylella, et nous avons vu qu’une souche de la bactérie avait été détruite in vitro par le LPA, issu de lait de vache. En effet, le système LPA donne une réaction enzymatique qui crée des ions actifs qui détruisent l’enveloppe cellulaire de Xylella. Désormais, il nous faut étudier l’inoculation de la plante in vivo, notamment dans la sud de l’Italie sur des oliviers."

7 millions d’euros

C’est ainsi que Lubixyl Innovation a répondu le 17 février dernier à l’appel à projet de l’Union européenne (7 millions d’euros de dotation) pour faire face à la problématique de Xylella fastidiosa. Il réunit de nombreux partenaires en Europe, au-delà. Pour la France, il faut noter l’Université Aix-Marseille, le CNRS, l’Université Jean Jaurès, Végénov, avec le soutien de Coop de France, l’IFV, Terralia ou encore le Cerafel. Cinq autres consortiums sont en concurrence sur l’appel à projet européen. Le résultat est attendu pour juin. Didier Ousset ajoute:
 

"Nous défendons une approche basé sur l’écologie naturelle, avec zéro pesticides, grâce à l’emploi du système LPA. L’approche classique recourant à la chimie a largement montré ses limites, comme dans les vignobles californiens, qui ont lutté à grand coup d’arrachage et d’insecticides face à Xylella, et ont depuis replanté en cépage OGM, sans éradiquer le problème qui semble revenir. C’est une voie sans issue! Nous verrons donc la décision prise par l’Union européenne, entre une approche classique qui a montré ses limites et notre approche sans risque pour l’environnement."

 

Déjà utilisé sur salade de 4e gamme

 
Déjà, le système LPA est utilisé en traitement de salade de 4e gamme, pour remplacer l’eau de javel. L’usage des ions ionisés via LPA pourra aussi être étendu sur fruits et légumes après récoltes. Sur Xylella fastidiosa, les études devront montrer l’efficacité en plein champ du LPA.
 

"Les laboratoires produiront de l’eau ionisée qui sera ensuite commercialisée et utilisée sur les plantes en arrosage. Le prix sera sensiblement le même qu’un arrosage classique, avec le surcout de l’ionisation. Au final, il n’y a aucun risque pour l’environnement, ni pour les micro-organismes du sol."

 
Si Didier Ousset estime à deux à trois ans la durée de l’expérimentation in vivo avant la commercialisation, il pense que les premiers protocoles devraient se mettre en place rapidement, cette année ou l’année prochaine. Si toutefois les 7 millions d’euros de fonds européens n’étaient pas octroyés à Lubyxil, le consortium pense à donner une personnalité morale au projet (de type fondation), afin de lever des capitaux et de poursuivre les travaux.
 

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