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​Observatoire Familles rurales

« Un engagement de tous pour une meilleure rémunération et plus de consommation » (Interfel)

Publié le 23/08/2018 par Aude Bressolier dans
Familles Rurales indique dans son enquête que seule 1 famille sur 3 atteint la recommandation de consommer au moins 5 fruits et légumes par jour. © Eric Isselée / Fotolia

Prix moyen pondéré au kiloComme chaque été, l’association de consommateurs Familles rurales publie son traditionnel Observatoire des prix des fruits et légumes1 et pointe des variations très sensibles d’une année sur l’autre. « Entre 2017 et 2018, les consommateurs ont payé en moyenne 4% plus cher le kilo de fruits et 5% celui de légumes », note Dominique Marmier, président de l’association.
Des chiffres qui cachent une grande hétérogénéité selon les produits. Familles Rurales a ainsi relevé une hausse de 18% sur les pêches et une baisse de 13% sur les fraises.

« Cette variabilité inhérente à nos produits agricoles, météosensibles, s’explique, souligne pour sa part Interfel. L’année 2017 a bénéficié d’un mois de juin ensoleillé, amenant les campagnes d’été à démarrer avec 10 à 15 jours d’avance. Le printemps 2018, quant à lui, a été frais et très pluvieux. Il a entraîné un retard de production de deux semaines endommageant certaines cultures. Les comparaisons d’une année sur l’autre s’avèrent délicates sinon impossibles dans un contexte de sous-offre européenne en abricot, melon et pêche-nectarine renchérissant mécaniquement les cours. »
 

Une consommation qui ne décolle pas

Si l’association Familles rurales avoue que « le système de négociations commerciales entre producteurs et distributeurs [est] en partie responsable de ces variations, elle souligne que ces dernières « nuisent à une politique de santé nutritionnelle efficace sur la durée ».
« Nous sommes d’accord pour dire qu’il y a une vraie urgence, en particulier auprès des jeunes générations, puisque seulement 6% des enfants atteignent la recommandation !», complète l’interprofession des fruits et légumes frais qui constate que « c’est tout autant la perception de cherté et la variabilité déstabilisante des prix qui pénalisent la consommation et découragent les « petits consommateurs ».
 « Le salaire médian des Français est relativement stable, insiste Dominique Marmier. Il est donc difficile de consacrer un budget constant à ce poste de dépenses qui est relativement onéreux si l’on souhaite respecter le programme national nutrition santé (PNNS). »
Selon Familles rurales, respecter cette consigne représente entre 8% et 17% du budget d’une famille de deux adultes et deux enfants avec un Smic. Soit entre 115 € avec les prix les plus bas en magasin à bas coût et 255 € pour une famille adepte du tout-bio.
L’Observatoire de Familles rurales pointe d’ailleurs la hausse des prix des produits bio. « Le prix des fruits issus de l’agriculture biologique a connu une hausse moyenne de 38% entre 2010 et 2018 contre 19% pour le conventionnel, dit Dominique Marmier. Pour les légumes, le bio a augmenté de 29% contre 18%. Cela sans doute parce que la demande est plus importante que la quantité disponible. »

Le poids du contexte économico-réglementaire

Interfel rappelle également que le contexte économico-réglementaire (réforme sur les charges sociales, sortie du glyphosate…) va peser sur les prix de revient et nécessairement sur les prix consommateurs. La filière demande ainsi « un appui de l’État efficace et applicable en particulier en matière de charges et de fiscalité pour l’ensemble des fruits et légumes frais, y compris au bénéfice des consommateurs. »
Et d’ajouter : « Avec un capital de confiance de 90% pour les fruits et 91% pour les légumes, le secteur sait pouvoir compter sur l’attractivité de ses produits. Mais c’est bien l’engagement responsable de tous qui, au-delà des échanges au sein de la filière, permettra d’assurer une meilleure accessibilité des fruits et légumes répondant aux différentes demandes des consommateurs. »
 
(1) Les prix ont été relevés par une cinquantaine de personnes du 4 au 10 juin puis du 2 au 8 juillet dans 33 départements et dans 4 types de magasins : hyper/supermarchés, hard discount, marchés et magasins spécialisés bio. Le panel comporte 8 fruits d’une même variété (pomme, melon, abricot, cerise, fraise, pêche, nectarine et poire) et 8 légumes (aubergine, carotte, courgette, haricot vert, poivron, pomme de terre, tomate et salade).

 

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