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Résidus de pesticides

Générations futures écharpe les fruits et légumes

Photo : DreanA
Photo : DreanA

L’association Générations futures a sorti un nouveau rapport mettant en lumière la présence de résidus de pesticides dans 19 catégories de fruits et 33 légumes conventionnels, entre 2012 et 2016.
Les résultats du rapport présentés par l’association sont issus de chiffres compilés par la DGCCRF entre 2012 et 2016. Plus précisément, Générations futures explique avoir retenu les fruits et légumes analysés au moins 4 fois entre 2012 et 2016, afin d’obtenir un nombre d’échantillons représentatif pour faire une moyenne du taux de résidus observé sur les 5 ans.
Selon le rapport, 72,6% des fruits et 41,1% des échantillons de légumes présentent des traces de résidus de pesticides. Rien de très surprenant dans ces résultats : les traces de résidus sont normales dans des fruits et légumes issus de l’agriculture conventionnelle. Et c’est bien pour cette raison que le taux de résidus est encadré.

Dépassement des LMR

Force est de constater cependant que Générations futures ne s’est pas contentée de ces données. L’association est allée plus loin et s’est penchée sur les cas de dépassement des Limites maximales de résidus autorisées (LMR). 2,7% des échantillons de fruits étudiés dépassaient la LMR. Les cerises ont présenté le plus grand nombre de cas de dépassement (6,6% des échantillons), les pêches et nectarines le plus faible (0,3%). Pour les légumes, 3,5% des échantillons analysés dépassaient la LMR. 16% des échantillons de céleri branche ont révélé un dépassement de la LMR. Aucun échantillon d’artichaut, de betterave, de maïs, de pastèque, de pois et de potiron n’ont quant à eux été détectés au-dessus de la LMR.
 

Quid de la provenance ?

On peut déplorer que Générations futures n’ait pas poussé plus loin son analyse en indiquant la provenance des échantillons pour lesquels un dépassement de la LMR a été détecté. Certes, il indique pour chacune des variétés de fruits et légumes consommées en France, les différentes origines (« France » et « Europe » dans la majorité des cas), mais ne distingue pas les résultats en fonction des origines. Présienté de cette manière, ce rapport largement repris par les médias généralistes, jette l’opprobre sur toute la production de fruits et légumes conventionnelle.
Générations futures a habilement publié son étude 4 jours avant l’ouverture du Salon de l’agriculture. De quoi s’assurer une bonne couverture médiatique. Une stratégie qui n’a pas échappé au collectif Sauvons les fruits et légumes de France, comme à l’UIPP. Cette dernière, qui déplore cette « communication anxiogène », rappelle que « détection [de résidus, NDLR] ne veut pas dire danger », et qu’« un dépassement de la LMR […] ne signifie pas un risque pour la santé car la LMR est une limite agronomique et pas une limite toxicologique ». L’organisation demande désormais aux autorités publiques (Anses et ministères) de dire « si ces chiffres sont préoccupants ou pas ».

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