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Recyclage

La filière plastique prépare l'avenir

Publié le 31/01/2018 par Bérengère Bosi dans
Le CPA anticipe la gestion du recyclage du paillage plastique en maraîchage. Photo : illustrez-vous
Le CPA anticipe la gestion du recyclage du paillage plastique en maraîchage. Photo : illustrez-vous

Alors que l’utilisation de plastique est « un outil essentiel dans la transition écologique de l’agriculture nationale », son recyclage est problématique. C’est ce qu’explique le Comité français des plastiques en agriculture (CPA), qui saisit à bras-le-corps les difficultés qui viennent heurter la filière.
 
Dans un contexte où l’agriculture tend à verdir ses pratiques, le plastique constitue un levier intéressant pour les maraîchers pour limiter l’usage d’intrants, d’eau et d’énergie. Mais le plastique a aussi des effets pervers si la question du recyclage n’est pas traitée efficacement. C’est à ce problème que s’attelle le CPA, alors que le marché du recyclage des plastiques est actuellement saturé en Europe.
« La Chine, qui recyclait 8 millions de tonnes de plastique, a fermé ses frontières au 1er janvier 2018. Depuis, les usines de recyclage européennes sont saturées et privilégient le recyclage de plastiques peu souillés », explique Bernard Le Moine, délégué général du CPA. Or, c’est dans le maraîchage que les plastiques sont les plus souillés. Comment assurer alors le recyclage des paillages ?
« Nous avons dû réagir vite pour faire face au caractère urgent du problème », affirme Bernard Le Moine. C’est pourquoi les conditions de reprise d’Adivalor ont dû changer au 1er janvier, avec une hausse des tarifs de reprise de 40€/t. Par ailleurs, l’écocontribution (répercutée sur le prix du plastique neuf) va augmenter de 30€/t au 1er mai. Ces augmentations se font dans un esprit de consensus, explique le CPA, qui reconnaît cependant qu’il ne s’agit là que de solutions de court terme.
 

Réduire les volumes collectés

« À plus long terme, il faut absolument réduire les volumes à collecter », explique Bernard Le Moine. Et pour ce faire, deux solutions doivent se combiner : développer l’usage de films biodégradables et réduire la souillure des films.
Sur le développement du biodégradable, le CPA est confiant. Même si actuellement le biodégradable revient plus cher à l’achat (2 à 3 fois plus cher), sur toute la chaîne de coût de l’utilisation des films – de la pose à son élimination – le plastique biodégradable est désormais plus compétitif, explique le CPA.
Quant à la question de la souillure, la recherche permet des avancées. Le projet Rafu, qui permet l’amélioration de la qualité des plastiques usagés est d’ailleurs en cours. « Aujourd’hui, 2500 tonnes de paillages couleurs neufs sont mises sur le marché, et on collecte presque 9000 tonnes par an », précise Bernard Le Moine. Diminuer la souillure permettrait de fait de réduire considérablement les volumes collectés. « Notre objectif serait d’arriver en dessous des 5000 tonnes par an », poursuit le délégué général du CPA.
 

100% de recyclé en 2025 ?

Jusqu’à ce jour, 75% des films plastiques agricoles et même 95% des plastiques de maraîchage sont collectés par les filières Adivalor. 98% des plastiques agricoles récoltés sont recyclés, mais les films de maraîchage couleur (les plus souillés), n’ont désormais plus de solutions de recyclage. Du fait des nouvelles conditions du marché, les recycleurs ne les acceptent plus.
Dans sa « feuille de route économie circulaire », saluée par le CPA, le gouvernement envisage le recyclage de 100% des plastiques usagés à l’horizon 2025. Un défi ambitieux que le CPA se dit prêt à relever. La filière française de la gestion des plastiques agricoles, qui inspire de plus en plus les pays voisins, voit finalement dans ces nouveaux défis une légitimation de son action. Sans une bonne gestion du recyclage des films plastiques, ce sont les déchetteries, ou pire, les sols agricoles, qui risquent d’absorber les plastiques non recyclés…
 

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