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Végépolys Symposium - Sival 2015

Comprendre le biocontrôle

Selon Denis Longevialle, secrétaire général d’IBMA France, les trois axes de développement du bio-contrôle concernent les grandes cultures, les herbicides er les usages orphelins.
Selon Denis Longevialle, secrétaire général d’IBMA France, les trois axes de développement du bio-contrôle concernent les grandes cultures, les herbicides er les usages orphelins. Photo: O.Lévêque/Pixel Image

Si le biocontrôle est un concept désormais utilisé couramment en agriculture, peu nombreux sont ceux à pouvoir le définir correctement. Avec 20 start-up créées chaque année et 70 entreprises représentant 1 500 emplois directs en France et 4 000 emplois indirects, le secteur du biocontrôle poursuit sa progression. Le Végépolys Symposium organisé dans le cadre du Sival y a d’ailleurs consacré son édition 2015, en partenariat avec IBMA France (Association française des fabricants de produits de biocontrôle). Denis Longevialle, secrétaire général d’IBMA France, qui regroupe 36 membres, a rappelé:

Dans le monde, le chiffre d’affaires généré par le secteur du biocontrôle s’élève à 1,6 milliards d’euros. En Europe, nous l’estimons à 550 millions, dont 100 millions d’euros pour la France. Si le biocontrôle représente actuellement 5% du marché la protection des plantes en France, nous visons 15% en 2020.

 
Le principe des produits et agents de biocontrôle est de s'intégrer dans la stratégie globale de protection cultures, en complément des techniques chimiques et agronomiques, pour privilégier l’équilibre naturel des populations d’agresseurs plutôt que leur éradication. Le bio-contrôle n’est donc pas réservé aux bio, et pas une fin en soi! C’est davantage une série de solutions s’insérant dans une approche globale de protection intégrée.

Quatre familles

On distingue quatre principaux types d'agents de biocontrôle:

  • les macro-organismes: auxiliaires invertébrés, insectes, acariens ou nématodes utilisés de façon raisonnée pour protéger les cultures contre les attaques des bio-agresseurs;
  • les micro-organismes: champignons, bactéries et virus utilisés pour protéger les cultures contre les ravageurs et les maladies;
  • les médiateurs chimiques à savoir les phéromones d'insectes et les kairomones, qui permettent le suivi des vols des insectes ravageurs et le contrôle des populations d'insectes par la méthode de confusion sexuelle et le piégeage;
  • les substances naturelles utilisées comme produits de biocontrôle, composées de substances présentes dans le milieu naturel, d'origine végétale, animale ou minérale.

 
Une 5e catégorie peut également s’y ajouter: la technique dite de l'insecte stérile, consistant à lâcher des mâles stériles pour empêcher la descendance d'insectes pathogènes ou vecteurs de virus.
 
ATTENTION: Les biofertilisants ne font pas partie du biocontrôle, même si en France, 45% des sociétés de bio-intrants sont actives sur le biocontrôle et sur les biofertilisants, rappelle l’IBMA. Les biostimulants sont quant à eux du domaine de la nutrition et non de la protection. Ils vont faire partie d’une révision de la réglementation engrais qui devrait avoir lieu au niveau européen en 2015.

Trois axes de développement

Trois grand axes de recherche et développement sur le biocontrôle sont ciblés, afin d’avoir un développement plus conséquent dans les années à venir: les grandes cultures, les herbicides et les usages orphelins, conclut Denis Longevialle, soulignant l’importance de l’Académie du biocontrôle, créée en 2013, et l’appui législatif  qui va dans le bon sens avec la loi d’Avenir qui soutient le biocontrôle.

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