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SIVAL

Prix et pratiques : les producteurs veulent reprendre la main

Christiane Lambert et Jacques Rouchaussé (au centre) au Sival 2018. Photo : B.Bosi/Pixel Image
Christiane Lambert et Jacques Rouchaussé (au centre) au Sival 2018. Photo : B.Bosi/Pixel Image

Réunis à l’occasion de l’ouverture du Sival, qui se tient du 16 au 18 janvier à Angers, les professionnels du monde agricole ont affirmé leur volonté de reprendre leur destin en main, sans subir la pression insupportable de la grande distribution. Que ce soit en matière de prix, ou de promesse aux consommateurs.

« Il faut abroger la course aux promotions », s’est exclamé Jacques Rouchaussé, président de Légumes de France. « Oui, il faut des promos dans les fruits et légumes, mais encadrées par la production, pas décrétées par les distributeurs »,a-t-il affirmé, déplorant par exemple que depuis quelques semaines « le poireau est en promotion une semaine sur deux ». Un constat d’autant plus amer pour les producteurs que la grande distribution s’est engagée, dans le cadre des États généraux de l’alimentation, à respecter une « charte de bonnes pratiques » commerciales.
Même discours quant à la promesse des distributeurs, Auchan par exemple, qui annonce aux consommateurs que d’ici quelques années, ils vendront uniquement des fruits et légumes « sans résidu de pesticide ». « Ca n’est pas sérieux ! », s’en émeut Christiane Lambert, présidente de la FNSEA. Elle dénonce un double discours de la distribution qui annonce le « sans résidu » et qui dans le même temps « importe à tour de bras » des produits moins normés qu’en France.

« Si c’est plus vert, c’est plus cher ! »

Les professionnels des fruits et légumes se sont cependant montrés unanimes sur leur volonté de réduire l’usage des produits phytosanitaires en s’appuyant sur de nouvelles pratiques plus modernes, présentées au Sival notamment (bicontrôle, robotisation, digital…). « Tous les acteurs sont au travail » pour tendre vers la baisse de l’usage des pesticides, a rappelé Christiane Lambert, précisant cependant qu’ « aujourd’hui, de la culture de plein champs sans pesticides, on ne sait pas faire ». Le travail est en cours, mais les modifications de pratiques ne se feront pas en 3 ou 5 ans, estime la présidente de la FNSEA. « Le temps politique et le temps du progrès n’est pas le même », a confirmé Jacques Rouchaussé.
En attendant, les professionnels préviennent la distribution et les consommateurs : « Si c’est plus vert, c’est plus cher ! ». Si l’on veut une production de fruits et légumes plus raisonnée, il faudra trouver des fonds pour financer les changements de pratiques…

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