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Campagne pomme

Une seule solution : créer de la rareté

« Il faut que les opérateurs se regroupent autour de marques, de terroirs, de variétés », selon Daniel Sauvaitre, président de l'ANPP.
« Il faut que les opérateurs se regroupent autour de marques, de terroirs, de variétés », selon Daniel Sauvaitre, président de l'ANPP.

Début août, les annonces conjointes de l’embargo russe et de l’abondance de production européenne n'ont pas laissé les acheteurs indifférents : la campagne 2014-2015, télescopée avec la fin de saison dernière qui a trainé en longueur, aura ainsi commencé, dès le départ, sur des prix bas. Des prix anormalement bas même, et qui, malgré une bonne entrée en consommation en septembre d’après Kantar, sont à l’origine de gouffres abyssaux pour les entreprises. Car cette année est celle de tous les dangers pour certains vergers qui jouent là leur pérennité. 

Une bonne surprise, pourtant, dans tout ce marasme : les ventes sont bonnes en quantité, et notamment sur l’export - Moyen Orient, Asie - où la France a même de l’avance par rapport à l’an passé. Mais le niveau de prix est douloureux, ce que regrette Daniel Sauvaitre, président de l’ANPP, qui précise toutefois que les variétés franco-françaises, territorialisées et consommées sur le marché français – comme Belchard, Reine des Reinette, Chanteclerc ou Rubinette – parviennent davantage à tirer leur épingle du jeu que les variétés génériques qu’on peut retrouver en Pologne ou en Italie (et à des prix de revient défiant toute concurrence).

Pour le président de l’ANPP, il est essentiel de tendre vers une offre différenciée : « Plus on a des coûts de revient élevés, plus il faut chercher la rareté. » La réussite des démarches club en est la preuve la plus éclatante : Pink Lady, Honeycrunch, Tentation ou encore Juliet ont presque maintenu leurs prix par rapport à l’an passé. « Il faut que les opérateurs se regroupent autour de marques, de terroirs, de variétés », poursuit encore Daniel Sauvaitre. Si la concentration de l’offre n’apporte pas de valeur en soi, le regroupement permet d’investir et d’innover pour créer rareté et différenciation. Bref : pour viser haut.

 

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