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Pêche-nectarine

La production européenne recule de 19 %

Tout comme l’abricot, il faut remonter à 2003 et à 1998 pour observer des niveaux de production aussi bas. Photo : qiujusong/Adobe Stock
Tout comme l’abricot, il faut remonter à 2003 et à 1998 pour observer des niveaux de production aussi bas. Photo : qiujusong/Adobe Stock

Malgré un hiver marqué par des températures douces, voire élevées dans certains bassins de productions européens (on a parfois dépassé les 25°C en décembre et février), le potentiel de production de pêches et nectarines en Europe semblait proche de la normale à la sortie de la saison.
Mais au mois de mars, certaines régions comme l’Aragon, la Catalogne, la vallée du Rhône et le nord de l’Italie ont connu des gelées qui ont impacté le potentiel de production. Ainsi, les dernières prévisions dévoilées par Europêch’ annoncent une récolte européenne d’un peu moins de 3,2 millions de tonnes toutes sous-espèces confondues (pêches, nectarines et pavies) contre 3,8 millions en 2019 et 3,7 millions pour la moyenne 2014/2018.

Une récolte italienne historiquement basse

C’est l’Italie qui a été la plus durement touchée par les gelées et tout particulièrement l’Emilie Romagne qui prévoit une production 2020 inférieure de près de 80% à celle de l’année dernière. Combiné à une réduction des surfaces de production, principalement dans le nord, l’Italie s’attend à ce que sa production de pêches et nectarines passe nettement sous la barre du million de tonnes avec près de 820 000 tonnes (- 28 % sur un an) soit une récolte historiquement basse. Du jamais vu depuis plus de 25 ans. Il en va de même pour les pêches pavies (destinées au maché de l’industrie) avec un peu plus de 50 000 tonnes prévues, soit une baisse de 44% par rapport à 2019 et de 30% par rapport à la moyenne.
La Grèce a également subi du gel notamment dans la région de Macédoine qui concentre le gros de la production nationale. La production de pêches et de nectarines est annoncée à un peu plus de 300 000 tonnes, en recul de 10 % sur un an.
En Espagne, le gel du mois de mars dans le bassin de l’Ebre et de ses affluents et la pluie au mois d’avril dans le Sud ont également affecté la production. Avec une prévision de 1 114 000 tonnes de pêches, pêches plates et de nectarines, la production espagnole se situe sur les niveaux qu’elle avait atteints en 2018 ce qui représente une baisse de 14 % par rapport à 2019. Pour le segment des pêches plates, particularité espagnole, une prévision de 282 000 tonnes (-13 % par rapport à 2019) est annoncée.
Finalement, c’est la France qui s’en sort le mieux avec une production en recul de 7 à 8 % sur un an.

Le Covid-19 s’invite dans la campagne

La récolte ne fait que débuter et compte tenu des volumes prévus (sauf accident climatique futur), tout laisse à penser que le marché devrait connaître cette année un équilibre plus favorable à la production et éviter les crises des dernières années. Mais un paramètre nouveau est apparu avec le Covid-19. Cette crise sanitaire inquiète d’abord la production qui s’emploie à lever les barrières aux frontières pour faire rentrer les ouvriers saisonniers étrangers qui assurent habituellement les récoltes.
Mais elle inquiète également toute la filière quant à la consommation et au comportement des consommateurs en fonction de l’évolution de la pandémie et d’une éventuelle deuxième vague ou d’un reconfinement. Si, dans l’ensemble, le secteur des fruits et légumes n’est pas l’un des plus impactés par la crise, il y aura toutefois de grands changements par rapport aux années passées notamment au niveau des vacances d’été avec des frontières aujourd’hui fermées, des limitations de distances pour certains déplacements… ce qui va modifier la répartition des populations à l’échelle européenne cet été avec sans doute des déplacements nord-sud moins marquée qu’à l’accoutumée.
 

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