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L'ANPP réunissait ses partenaires à Paris

La pomme entre en campagne

Au niveau européen, de belles perspectives de marché existent, avec des possibilités d'arbitrage pour les français.

En passe de devenir la tradition qui sonne le glas des congés estivaux, le lancement de la campagne pomme, fin août à Paris, est la nouvelle grand messe des pomiculteurs et de leurs partenaires distributeurs et institutionnels. Cette année, nombre des éléments présentés sont plutôt encourageants pour la campagne à venir.

Ainsi, si la saison commence avec un peu plus de stock que les deux dernières années - en cause : l'effet gel, bien-sûr, mais aussi la climatologie estivale qui a freiné la consommation et ralenti la mise en marché -, les prévisions de récolte font état d'une production très raisonnable en termes de volume (1 396 000 tonnes) : la situation est celle d'une offre allégée au niveau français. Le gel a fait des dégâts un peu partout, de manière assez anarchique. "Nous serons tout à fait en mesure de vous livrer en quantité et en qualité, a annoncé Daniel Sauvaitre, président de l'ANPP, aux distributeurs présents, même si nous n'auront peut-être pas toujours pile poil la bonne variété au bon moment".

Au niveau européen, de belles perspectives de marché existent, avec des possibités d'arbitrage pour les français. En cause : la plus faible récolte de la décennie ! Des pays concurrents comme l'Italie et la Pologne sont très affaiblis, tandis que des paus clients comme la Grande Bretagne, le Benelux et l'Allemagne sont très déficitaires. A noter que, de manière générale, au niveau européen, la récolte est généralement en avance et de bon calibre (sauf en Italie), avec pas mal de défauts visuels (gel, russeting, coups de soleil, grêle), mais une qualité gustative exceptionnelle.

Quand les prix chutent, personne ne marge

Un constat, pourtant, chagrine les opérateurs : la baisse lente mais régulière, depuis 10 ans, de la consommation de pomme en France. Et ce, bien qu'elle reste - et de loin ! - le fruit leader en termes d'achats. Selon un opérateur de la GMS, "les kakis et les amandes, marginaux il y a 10 ans, vont bientôt intégrer le 80/20 du rayon. Quant à la banane et aux agrumes, ils sont des concurrents féroces." Un producteur relativise : "Sommes-nous encore dans une quête de volume ? N'avons-nous pas choisi de privilégier le chemin de la qualité avec les Vergers écoresponsables ?"

En sortant de la réunion, je croise Vincent Guérin, économiste à l'ANPP. Je lui demande si les distributeurs sont contrariés par l'annonce d'une offre allégée, qui va sans doute se traduire par un niveau de prix producteur dans la moyenne haute. "Au contraire, m'explique-t-il. Une campagne qui se passe bien, tant pour les producteurs que leurs clients, c'est une campagne avec des niveaux de prix qui se tiennent. Quand les prix chutent, personne ne marge ! "

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