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Expérimentation

Comparer des modes de conduite en cerisier

Publié le 06/03/2017 par Caroline EVEN dans
Dans l’essai mené à La Tapy, le mur fruitier de cerisier est formé au départ en bi-axe puis est rogné mécaniquement à la barre de coupe.
Dans l’essai mené à La Tapy, le mur fruitier de cerisier est formé au départ en bi-axe puis est rogné mécaniquement à la barre de coupe. Photo : Caroline Even/Pixel Image

Fin février, dans le Vaucluse, une quarantaine de producteurs ont visité l’essai "comparaison de différents modes de conduite : axe, bi-axe, mur fruitier, drilling, KGB system", mené par la station expérimentale La Tapy et ses partenaires de la chambre d’agriculture du Vaucluse, du GRCeta Basse-Durance et du CTIFL.

Les axes traditionnel et libre, le bi-axe et le mur fruitier sont particulièrement adaptés à la mise en place de bâches et de filets pour protéger les cerisiers contre la pluie et les insectes, contrairement au gobelet, la forme la plus répandue dans le Vaucluse.

Les différents travaux menés pour former les arbres plantés en 2012 ont été présentés, ainsi que les temps des principales opérations de plantations, palissages et tailles.

"Ces données sont à utiliser en comparatif, et non en valeurs absolues puisqu’il s’agit d’extrapolation à l’hectare de temps réalisés sur un seul rang", mentionne Sara Pinczon du Sel, responsable du programme cerise, matériel végétal et conduite, à La Tapy.

Des temps de travaux élevés avec l’axe traditionnel

Les modes de conduites en palissé, les axes traditionnel et libre, le bi-axe, le mur fruitier et le drilling « demandent plus de temps de travaux au démarrage. Il y a le palissage à mettre en place et des travaux de conduite qui prennent du temps, notamment l’attachage des axes et les incisions », explique Sara Pinczon du Sel.

En cumul sur 2012-2016, les temps de travaux les plus élevés, proches de 1 000 h/ha, concernent l’axe traditionnel, où les opérations d’attachage de branches fruitières sont nombreuses, et le drilling, une forme plus volumineuse, constituée de trois axes palissés sur une forme en V sur le rang, avec deux charpentières d’un côté et une de l’autre.

Pour les autres formes palissées, les durées sont de l’ordre de 550 à 600 h/ha. Avec le mur fruitier, formé au départ en bi-axe puis rogné à la barre de coupe, "même si on passe mécaniquement, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas tailler en partie manuellement. Pour l’instant, dans nos conditions d’essais, il n’y a pas tellement de diminution des temps de travaux", reconnaît la responsable.

Sur les arbres conduits en KGB, où il n’y a pas de charpentières mais des branches fruitières verticales renouvelées régulièrement, et sur les gobelets en taille longue, les durées sont estimées entre 250 et 300 h/ha.

Toutefois, en 2016, les rendements en cerises avec les gobelets, plantés sur des porte-greffes Maxma® 60 et avec une densité de plantation plus faible que pour les autres modes de conduite, sont peu élevés, à 4,4 t/ha. Pour le drilling et le KGB, plantés sur Maxma® 60, les productions avoisinent les 13 t/ha tandis que pour les autres formes palissées, plantées sur Gisela 6, les chiffres sont compris entre 20 et 24 t/ha.

 

L’Arboriculture fruitière a publié en 2011 un article concernant un essai avec cinq modes de conduite du cerisier dans les Pyrénées-Orientales.

 

 

 

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