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​Salariés détachés

Le recours à l’agence espagnole Terra Fecundis fait débat

L'agence espagnole Terra Fecundis envoie chaque année des saisonniers étrangers en France. Elle est actuellement inquiétée dans une affaire de dumping social. Photo : JackF/Adobe stock
L'agence espagnole Terra Fecundis envoie chaque année des saisonniers étrangers en France. Elle est actuellement inquiétée dans une affaire de dumping social. Photo : JackF/Adobe stock

Dans sa lettre d’information publiée le 19 juin, Légumes de France, l’association spécialisée de la FNSEA, a indiqué que le groupe Creno faisait pression sur ses fournisseurs afin qu’ils ne fassent pas appel à des saisonniers de l’agence Terra Fecundis.

Le grossiste demandait ainsi aux producteurs d’attester qu’ils ne faisaient pas appel à l’agence espagnole. « Les destinataires du message, qui n’était accompagné ni d’explication ni d’argument, étaient sommés de répondre et menacés d’arrêt de l’ensemble des flux commerciaux avec Creno », précise Légumes de France.

Selon le groupe Creno, cette demande s’explique par « l’existence de très mauvaises pratiques de la part de la société d’intérim espagnole Terra Fecundis. Beaucoup d’acteurs des filières F&L du sud de la France et d’Espagne auraient eu recours à cette main-d’œuvre dans des conditions désastreuses ». Autre argument avancé par le grossiste Creno : la découverte de cas de coronavirus sur des saisonniers issus de la société espagnole.
« Sous la pression syndicale, Creno fait marche arrière sur le recours aux prestations de Terra Fecundis », affirme Légumes de France. Le groupe Creno annonce finalement que « les mesures envisagées d’arrêt d’activité avec nos producteurs suite à la non-réponse en temps à ce questionnaire (sur le recours à des saisonniers issus de l’agence Terra Fecundis, NDLR) ne seront pas mises en œuvre ».

Dumping social : le procès reporté

Pour rappel, l’agence Terra Fecundis est suspectée depuis plusieurs années de ne pas respecter le droit du travail, notamment en matière de durée de travail ou des conditions d’hébergement des saisonniers. En 2011, le décès d’un saisonnier équatorien qui travaillait en région Paca avait fait grand bruit, même si l’agence n’avait finalement pas été mise en cause. Jusqu’à présent, Terra Fecundis n’a jamais été sanctionné par la justice, malgré plusieurs affaires. Un procès, pour un dossier de fraude au travail détaché inédit, devait cependant à nouveau s’ouvrir à Marseille en mai, mais celui-ci a été reporté du fait de la crise sanitaire, selon le Monde et la Provence.

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