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​Produits phytosanitaires

Le Gouvernement apporte des précisions au plan de réduction des phyto

Le Gouvernement prévoit de renforcer en 2020 les dispositions de protection des lieux accueillant des personnes vulnérables et poursuit le travail pour interdire tous les produits contenant du glyphosate. Photo : Gilles Paire/Adobe stock
Le Gouvernement prévoit de renforcer en 2020 les dispositions de protection des lieux accueillant des personnes vulnérables et poursuit le travail pour interdire tous les produits contenant du glyphosate. Photo : Gilles Paire/Adobe stock

Suite à la publication, le 7 janvier 2020 par l’UIPP (Union des industries de la protection des plantes), du bilan des quantités de produits phytopharmaceutiques vendus à la distribution en 2018, le Gouvernement a annoncé dans la foulée sa volonté de renforcer « la transparence des données » sur le sujet et précisé les modalités du plan de réduction des produits phyto.
 
« Afin d’assurer davantage de transparence concernant l’évolution de l’utilisation des produits phytosanitaires, le Gouvernement s’engage à publier au premier semestre de chaque année les indicateurs de suivi du plan, qui seront consolidés au cours du 2e semestre. Les données pour l’année 2019 seront donc disponibles dès la fin du 1er semestre 2020 », annonce un communiqué du 7 janvier.
Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, et Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, ont par ailleurs chargé l’Anses, l’Inrae, et l’OFB, d’installer un comité scientifique auprès du Comité d’orientation stratégique et de suivi (COS) du plan national de réduction des produits phytopharmaceutiques. L’objectif de ce comité sera d’« assurer une interprétation claire et robuste des indicateurs de suivi, mais également d'évaluer tout ou partie du plan et proposer, le cas échéant, des évolutions pour renforcer la politique de réduction des produits phytosanitaires ».
 

Un renforcement des dispositions sur les ZNT en 2020

Dans le cadre de ce plan, le Gouvernement a, rappelons-le, pris des dispositions par le décret et par l’arrêté du 27 décembre qui visent à encadrer l’usage de produits phyto à proximité des habitations des riverains, par la mise en place de zones de non-traitement (ZNT).
« Le Gouvernement s’attachera en 2020 à renforcer les dispositions actuelles de protection des lieux accueillant des personnes vulnérables (lieux destinés aux enfants tels que les écoles, les crèches ou les habitations d'assistantes maternelles, ou encore les bâtiments d’accueil des personnes âgées, malades et/ou handicapées, etc.) », précise le communiqué de presse.

Retrait du glyphosate à la fin 2020

Concernant le retrait du glyphosate, le Gouvernement renouvelle les objectifs de son plan de sortie « d’ici fin 2020, pour les usages pour lesquels des alternatives non chimiques existent ».
Pour apprécier les impasses techniques ou économiques qui pourraient exister, le Gouvernement s’appuie sur le travail de l’Anses et de l’Inrae. Ce dernier à d’ailleurs évalué le surcoût du désherbage mécanique en viticulture à environ 250€/ha. L’impact économique du retrait du glyphosate devrait également être étudié pour les autres filières.
Sur les bases de ces travaux, « et au plus tard d’ici fin 2020, l’Anses procédera au retrait d’autorisations de mise sur le marché parmi les 29 produits restants (contre 190 fin 2018, NDLR) et contenant du glyphosate, dès lors que les usages présentent des alternatives non chimiques, acceptables sur le plan économique et pratique », indique le Gouvernement.

Des budgets alloués au plan

Pour atteindre les objectifs du plan de réduction des produits phyto, le Gouvernement mobilise chaque année près de 400 millions d’euros, dont la moitié est consacrée à la conversion en AB. En 2020, ce montant augmente pour atteindre 250 millions d’euros.
À noter également, le lancement en ce début 2020 d’un appel à projets pour accompagner l’arboriculture, le maraîchage et la viticulture à investir dans du « matériel d’épandage performant ».

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