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Sabotage

Le chantier d’une éco-serre incendié en Corrèze

Le projet d'éco-serre situé à Rosiers-d'Égletons (Corrèze) associe trois maraîchers, dont deux jeunes installés. Photo : MiiMOSA
Le projet d'éco-serre situé à Rosiers-d'Égleton (Corrèze) associe trois maraîchers, dont deux jeunes installés. Photo : MiiMOSA

Alors qu’il venait de lever 400 000 euros de fonds depuis la plateforme de financement participatif MiiMOSA, le projet d’éco-serre situé à Rosiers-d’Égletons, en Corrèze, vient de connaître un sacré revers ! Les engins de terrassement ont été incendiés dans la nuit du 23 au 24 juin.
 
« Dix engins de chantier sur quinze ont été brûlés ! » affirme Daniel Couderc, président de la FDSEA de Corrèze. Selon les premières conclusions de l’enquête, il s’agirait d’un incendie criminel. « Ce n'est pas un feu accidentel sur un engin qui s’est propagé aux autres. Tous les engins ont délibérément été incendiés », explique Jacques Faurel, l’un des trois porteurs du projet.
Ce projet – une éco-serre de 8 ha chauffée grâce à l’énergie fatale de l’usine d’incinération d’ordures ménagères basée à proximité – fait débat depuis plusieurs années. « Il nous a fallu six ans pour obtenir toutes les autorisations, tant les opposants au projet nous ont mis des bâtons dans les roues », témoigne Jacques Faurel. Pourtant, les détracteurs semblent être assez minoritaires. « Lors de l’enquête publique préalable, 93 % des contributions étaient favorables au projet », précise le maraîcher.

Des sabotages récurrents

Ce type de sabotage n’est pas une première dans le département de la Corrèze. « Il y a quelques années, des vergers ont été entièrement coupés », se souvient Daniel Couderc. Jacques Faurel renchérit : « Il y a également eu un incendie dans la ferme des 1 000 veaux. En fait, dans le département, il y a quelques groupements minoritaires qui refusent les projets d’agriculture moderne – même s’ils sont propres ! – et qui usent de tous les moyens pour se faire entendre. »
Pour autant, les trois associés sur le projet ne baissent pas les bras. « Nous avons pris une bonne semaine de retard sur le chantier, mais nous allons poursuivre, bien évidement. En espérant que la gendarmerie et la justice remettent de l'ordre dans le pays. »
Cette éco-serre devrait être bâtie en deux tranches de 4 ha. Elle produira des tomates, commercialisées sous la marque Les Paysans de Rougeline, et devrait employer à terme environ 25 CDI à temps plein, sans compter les nombreux saisonniers en période de récolte. Les trois associés espèrent par ailleurs obtenir la certification HVE.

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