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Serres chauffées en bio : débat

La tomate, un légume d’été ou de printemps ?

Publié le 09/07/2019 par Olivier Lévêque dans
Photo : pressmaster/adobe stock
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Le débat sur les serres chauffées en bio continue, notamment depuis la proposition du 17 juin dernier à la commission réglementation de l’INAO d’autoriser la commercialisation de tomates bio à partir du 21 mars.
« Non, la tomate n’est pas un " légume de printemps " », souligne dans un communiqué du jour la Fnab, avec le soutien de Réseau action climat (RAC), la Fondation pour la nature et l’homme (FNH), et Greenpeace France.

« Il suffit de regarder le calendrier de saisonnalité publié par l’Agence Bio pour le comprendre, la tomate est bien un produit d’été. Et pourtant, le débat sur les serres chauffées en bio est en train de tourner au ridicule au sein de l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) avec sur la table des propositions de négociation visant à faire accepter l’impensable : faire passer la tomate du statut de légume-fruit d’été à celui de légume-fruit de printemps, indique la Fnab. Autoriser la vente de tomates bio dès le premier jour du printemps revient à autoriser de chauffer les serres bio pendant tout l’hiver à plus de 20 degrés, soit l’équivalent de 200 000 à 250 000 tonnes de fioul par hectare ! »

De son côté, la FNSEA, appuyée par le réseau des chambres d’agriculture, par la Felcoop, par Légumes de France et par Coop de France rappelle que 78% de la tomate biologique présente dans les circuits longs de distribution en France est importée, soutenant ainsi la tomate bio française dès le printemps (et non en hiver) par des serres chauffées. Parmi ses arguments, ce collectif pro-chauffage des serres bio souligne : « Oui, nous sommes favorables à une démarche de progrès dans les énergies utilisées pour le chauffage des serres. Nous nous engageons à convertir nos systèmes de chauffage vers des sources d’énergie renouvelable. Le passage à des énergies non fossiles permet de diviser par trois l’empreinte carbone de la tomate d’après le CTIFL. Oui, nous respectons le règlement européen bio, en mettant en place une production de tomates biologiques en pleine terre, en alternance avec d’autres productions pour respecter le principe agronomique de la rotation. Oui, nous voulons que cet encadrement de la pratique du chauffage soit porté au niveau européen. » 

Le Comité national de l’agriculture biologique (Cnab) se réunira jeudi 11 juillet pour trancher cette question. In fine, si le Cnab n’est pas en mesure de trancher le 11 juillet, c’est le ministre de l’Agriculture qui gardera le dernier mot et qui pourra décider d’inscrire l’encadrement du chauffage des serres au guide de lecture de l’agriculture biologique.

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