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Interview

Joël Boyer, nouveau président de l’AOPn Prune

Joël Boyer a été élu fin avril 2015 président de l’AOPn Prune, succédant ainsi à Philippe Palezy.
Joël Boyer a été élu fin avril 2015 président de l’AOPn Prune, succédant ainsi à Philippe Palezy. Photo: DDM

Joël Boyer a été élu fin avril 2015 président de l’AOPn Prune, succédant ainsi à Philippe Palezy. Ce dernier reste pour sa part dans le conseil d’administration de l’AOPn et à la tête de la FDGDON 82, mobilisé sur le dossier sharka. P-DG de la société d’expédition Boyer SAS basée à Moissac, Joël Boyer travaille le melon (marque Philibon) ainsi que 2 500 t de prunes, avec les variétés reine-claude et Soryana, une nouvelle américano-japonaise à l’essai.
 
Comment envisagez-vous votre mandat et quelles actions vous semblent prioritaires?
 

Joël Boyer: Tout d’abord, je tiens à souligner l’excellent travail de mon prédécesseur et de l’équipe en place, avec la mise en route de l’AOPn Prune. Il nous faut continuer le travail entrepris sur les nouvelles variétés, de plus en plus plébiscitées par les consommateurs. S’il y a du tri à faire au sein des américano-japonaises, ces variétés permettent d’apporter de nouvelles références qualitatives et gustatives. Attention cependant à ne pas s’éparpiller dans une offre variétale trop large. À côté des reine-claude et mirabelles qui conservent leur rôle de leaders, les nouvelles variétés ont leur place! Il faut continuer à développer une nouvelle segmentation au travers des couleurs, des calibres et des saisons. Les variétés américano-japonaises offrent en effet des types plus précoces ou tardifs, pour élargir la saison des prunes européennes au-delà d’août-septembre.

 
Les variétés club sont-elles la solution en prune ?

J. B.: Les variétés club, lancées actuellement par six opérateurs, ne sont pas l’unique solution, mais font partie des outils à notre disposition pour consolider le marché de la prune et renforcer les relations entre les acteurs. Face au secteur de l’aval bien organisé et concentré, la production amont est trop atomisée. En melon et en pomme, les interprofessions fortes ont permis de soutenir les filières. Il faut suivre le même chemin en prune, en fédérant davantage l’amont jusqu’à la première mise en marché. D’ailleurs, si l’AOPn représente actuellement 40% des acteurs nationaux prune, il serait bien de travailler avec plus de monde. La mirabelle et la prune d’ente ont déjà fait ce travail de réorganisation. À la filière prune dans son ensemble de suivre ce chemin, en fédérant davantage l’amont, jusqu’à la première mise en marché, coopérative ou export.

Comment défendre davantage la filière prune ?

J.B.: Pour défendre la production française de prunes, nos responsables institutionnels et politiques doivent prendre conscience de l’importance d’un soutien à cette filière, via une levée de fonds pour maintenir voire accroître le verger, comme cela a été fait pour la prune d’ente. La viabilité de notre produit passera aussi par une diversité de produit, avec un équilibre entre les variétés européennes et américano-japonaises. Si les premières semblent chargées correctement cette année, les secondes ont des résultats plus hétérogènes, d’où l’importance d’un équilibre entre les deux! Enfin, nous poursuivrons nos actions de communication au sein de l’AOPn à travers une campagne déjà prévue pour cet été, et continuons de voir les opportunités de développement à l’export grâce aux nouvelles variétés.

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