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Glyphosate : sortie définitive dans 5 ans, mais pas d’«impasse» selon le Gouvernement

Les ministres veulent réduire puis supprimer l'usage du glyphosate dans les filières qui sont les plus consommatrices, notamment l'arboriculture. Photo : Franck Vantomme/Fotolia
Les ministres veulent réduire puis supprimer l'usage du glyphosate dans les filières qui sont les plus consommatrices, notamment l'arboriculture. Photo : Franck Vantomme/Fotolia

À l’occasion d’une rencontre le 22 juin avec les acteurs du monde agricole, de l’agroalimentaire, de la distribution et de la recherche, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert et le ministre de l’Écologie Nicolas Hulot ont rappelé la volonté du Gouvernement de « mettre fin aux principaux usages du glyphosate d’ici trois ans au plus tard et d’ici cinq ans pour l’ensemble des usages ». Un objectif qui entre dans le projet plus général de réduire l’usage des produits phyto de 25% d’ici 2020 et même de 50% d’ici 2025.

Les ministres se sont voulu rassurants, en indiquant aux agriculteurs qu’ils « ne seraient pas laissés dans une impasse ». « De nombreuses alternatives au glyphosate sont déjà disponibles dans le cadre de l’agro-écologie, notamment dans les grandes cultures, la viticulture et l’arboriculture qui sont les filières les plus consommatrices de glyphosate », rappellent les ministres, en se basant sur un rapport de l’Inra remis en décembre dernier au Gouvernement.

Les ministres souhaitent « accélérer le développement de solutions pour ces usages ». Pour ce faire, ils ont annoncé :

  • la création d’un centre de ressource d’ici la fin de l’année pour rendre accessible à l’ensemble de la profession agricole les solutions existantes pour sortir du glyphosate;
  • le renforcement des actions d’accompagnement dans le cadre du programme Ecophyto pour diffuser les solutions et trouver de nouvelles alternatives pour les usages pour lesquels il demeurerait des impasses;
  • la mobilisation des réseaux territoriaux des chambres d’agriculture et de l’enseignement agricole pour faire connaître et pour promouvoir les alternatives au glyphosate sur l’ensemble des territoires avec l’appui des Civam et des coopératives agricoles;
  • le suivi des quantités vendues et utilisées des produits contenant du glyphosate afin de faire toute la transparence sur les usages en publiant régulièrement les données et en les mettant à disposition du public.

La FNSEA demande des engagements réciproques
Les ministres demandent par ailleurs aux acteurs de la filière d’identifier « rapidement […] les leviers du changement » afin de disposer d’ici la mi-juillet des « premiers engagements précis de réduction et de suppression d’usages sur le glyphosate ».
La FNSEA s’est engagé de son côté à finaliser rapidement son « contrat de solutions » en faveur de la réduction de l’usage des pesticides. Elle a rappelé cependant l’importance de l’accompagnement économique des filières par l’État. « La réussite de ce contrat implique en outre que l’État adopte une politique cohérente en imposant une réciprocité des normes dans les accords internationaux ». Une condition essentielle selon la FNSEA qui déplore, comme les acteurs de la filière fruits et légumes, que des produits étrangers soumis à des normes plus souples puissent être importés en France.
Sur ce sujet, Stéphane Travert et Nicolas Hulot ont affirmé avoir l’ambition d’aborder la question de la sortie du glyphosate au niveau européen à l’occasion d’une réunion avec « les pays volontaires » qui se tiendra en juillet, en marge du Conseil Agriculture.

Pour assurer le suivi du plan de sortie du glyphosate, une « Task force » pilotée par les deux ministères, accompagnés par l’Inra, l’Acta et l’APCA a été mise en place. Elle devra faire un compte-rendu de l’avancée du projet tous les 3 mois aux ministres et aux parlementaires.

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