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Station expérimentale du Caté

Serre semi-fermée : « Des résultats techniques intéressants »

Publié le 25/04/2018 par Danielle Bodiou dans
Jean-Denis Crenn et Michel Le Roux, respectivement président et directeur de la station du Caté, dans la nouvelle serre expérimentale. Photo : D. Bodiou/Pixel image
Jean-Denis Crenn et Michel Le Roux, respectivement président et directeur de la station du Caté, dans la nouvelle serre expérimentale. Photo : D. Bodiou/Pixel image

Fin 2016, la Station expérimentale légumière du Caté à Saint-Pol-de-Léon (Finistère) se dotait d’une nouvelle serre à tomates de type semi-fermé. L’équipement, qui vise à réduire la consommation énergétique tout en améliorant les performances agronomiques grâce à une meilleure gestion du climat, est divisé en trois compartiments, permettant d’étudier différentes modalités de conduite. Un premier compartiment « témoin » fonctionne en aération traditionnelle en toiture avec un objectif unique de déshumidification. Il est équipé de deux échangeurs thermiques simple flux. Un 2e compartiment bénéficie d’équipements dans le corridor permettant le chauffage, la déshumidification ou encore le refroidissement. Il est équipé d’un ouvrant à guillotine contrôlant l’entrée d’air extérieur, d’ouvrants de surpression en toiture et d’aérothermes (échangeurs thermiques avec ventilateurs) installés en hauteur dans le corridor, pour le chauffage et la déshumidification. Ce compartiment est également doté d’un système d’humidification et de refroidissement de l’air (PAD cooling) et de deux types d’éclairage : deux rangées de LED entre les rangs et les lampes à vapeur de sodium. Un 3e compartiment fonctionne également en mode semi-fermé, mais avec des équipements plus limités.
« Après seize mois de fonctionnement, la serre semi-fermée donne des résultats techniques intéressants, qui semblent confirmer la pertinence de l’investissement dans ce type d’équipement », indique Jean-Denis Crenn, président de la station du Caté. « Grâce à l’éclairage, il offre un gain de précocité puisqu’il permet de démarrer la saison début décembre, contre mi-mars en serre classique. Il faudra toutefois deux à trois ans d’essais pour obtenir des résultats fiables en expérimentation. »
L’intérêt de l’outil ? Déshumidifier et maintenir une faible hygrométrie de l’air dans les serres pour réduire le risque de maladies des plantes et le recours aux traitements chimiques. « Nous sommes dans une démarche de réduction d’utilisation de produits phytosanitaires pour répondre à la demande exprimée par les consommateurs », explique Michel Le Roux, directeur de la station expérimentale.
 

Diminuer le recours aux phyto

En serre comme en culture de plein champ, la diminution du recours aux produits phytosanitaires est une des priorités du Caté. « Dans un contexte de disparition de molécules et d’usages non pourvus, et alors que le cahier des charges Global Gap évolue chaque année, il faut apprendre à se passer du chimique et trouver des méthodes alternatives pour l’entretien des cultures », annonce Jean-Denis Crenn. « Nous assistons à l’arrivée de la cobotique, du désherbage mécanique assisté par ordinateur. De nombreux outils sont à tester. » Pour le légume de plein champ, il est ainsi prévu de comparer différents robots désherbeurs avec capteur (Oz (Naïo Technologies), PUMAgri (Sitia) et Ecorobotix), en partenariat avec la chambre régionale d’agriculture de Bretagne.
 

DephyEcophyto « Breizleg » : le Caté retenu dans un nouveau projet

La station du Caté est par ailleurs engagée dans plusieurs programmes d’expérimentation spécifiques, dont le programme DephyEcophyto « Breizleg » traitant de systèmes de production de légumes frais à très bas intrants phytosanitaires. Son objectif est d’évaluer, à la fois en production conventionnelle et biologique, la possibilité de réduire les intrants phytosanitaires dans les systèmes légumiers de plein champ. « En 2017, ce programme était en 6e et dernière année de réalisation à la station du Caté. Dans la continuité, nous avons été retenus dans un nouveau projet pour une nouvelle période de six ans », indique Michel Le Roux. La station vise également une nouvelle participation au programme DephyEcophyto « DephySerre », qui entre en 2018 dans sa dernière année.

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