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Soutien à l’agriculture biologique

"Vous êtes en bio ? Ça sera -25% pour 2014"

D’après les derniers chiffres de l’Agence Bio, 26 500 producteurs se sont déjà engagés dans cette filière.
D’après les derniers chiffres de l’Agence Bio, 26 500 producteurs se sont déjà engagés dans cette filière.

Suite à l'annonce d'une coupe franche de 25% sur les aides au maintien pour la récolte 2014, les acteurs de l’agriculture biologique s’inquiètent de ce signal politique jugé incohérent pour une agriculture au cœur de l'agroécologie.
 
"Un coup de massue contre l’agriculture biologique": c’est ce qu’indique l’entête du communiqué de la Fnab – Synabio – APCA et Coop de France, envoyé le 10 mars dernier, qui précise:

"Alors que l'on travaillait depuis deux ans avec le gouvernement pour doubler les surfaces en bio, l'annonce par arrêté en date du 7 mars 2015 d'une coupe franche de 25% sur les aides au maintien pour la récolte 2014 fait l'effet d'une douche froide. Et ce d'autant plus qu’elles seront versées avec 3 mois de retard."

Ce signal politique est, pour les auteurs du communiqué, "incohérent " pour une agriculture qui concilie production alimentaire de qualité et respect de l’environnement et qui est au cœur de l'agroécologie. Les acteurs de la filière, producteurs, coopérateurs et opérateurs, réagissent et appellent le gouvernement à trouver une solution.

Un chiffrage insuffisant

Ils avaient alerté le ministère sur les risques d’insuffisance budgétaire en fin de période. Malgré les alertes et simulations, le ministère avait maintenu son chiffrage insuffisant. Résultat: 117 millions d’euros de demandes en 2014 contre 103 millions de budget et une diminution inédite des aides de 25%.
 
Conscients que les pratiques des agriculteurs bio et leur maintien sont les leviers incontournables d’une transition agroécologique réussie et aboutie, les acteurs de la filière affirment qu’ils poursuivront leurs efforts pour développer et structurer les filières biologiques, et les rendre "moins dépendantes" de ces aides. Ils s’inquiètent cependant des conséquences de cette décision qui pourrait déstabiliser leur travail:

"Dans ce contexte, comment ne pas s’inquiéter du passage des aides à la bio sur le second pilier? Les dispositifs seront alors financés à 75% par l’Europe et 25% par l’État. Or de nombreuses régions, autorités de gestion, n’ont pas attribué les moyens suffisants pour les aides au maintien, voire les aides à la conversion, réussissant à mettre des centaines de producteurs bio dans la rue, inquiets pour l’économie de leurs exploitations et l’absence de reconnaissance des services agro-environnementaux rendus par leur système de production. Si le seconde pilier de la PAC permet des ajustements entre des lignes, à l’inverse du 1er pilier, les producteurs bio seront encore dépendants d’arbitrages budgétaires, avec la seule garantie de l’incertitude!"

Rappelons que le marché du bio génère 4,56 milliards d’euros, consommation à domicile et restauration collective confondues. D’après les derniers chiffres de l’Agence Bio, 26 500 producteurs se sont déjà engagés dans cette filière.
 
 

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