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Interdiction du diméthoate

Plan d'action et positive énergie pour la cerise

Les représentants de la filière cerise tels que l’AOPn, la FNPF, Interfel, la Gefel, la chambre d’agriculture et la FDSEA du Vaucluse ont été reçus mardi 19 avril par le ministère afin d’arrêter un plan stratégique.
Les représentants de la filière cerise tels que l’AOPn, la FNPF, Interfel, la Gefel, la chambre d’agriculture et la FDSEA du Vaucluse ont été reçus mardi 19 avril par le ministère afin d’arrêter un plan stratégique. Photo: Pascal Xicluna/Min.Agri.Fr

Et si le climat était de notre côté face à Drosophila suzukii ? Et si Stéphane Le Foll mobilisait au plus vite son réseau européen pour accélérer la recherche sur les méthodes de lutte alternative? Et si consommateurs et distributeurs brillaient par leur patriotisme pour cette campagne de cerise 2016?

Avec des "si", on pourrait refaire le monde, et c’est bien l’objectif de l’ensemble des acteurs de la filière cerise qui se mobilisent pour que la campagne imminente se déroule dans les meilleures (ou moins mauvaises) conditions possibles.

AOPn Cerise et Interfel en campagne

En effet, nous vous l’annoncions ce lundi : il n’y aura pas de dérogation pour l’utilisation du diméthoate en France, seul produit jusqu’à présent efficace dans la lutte contre Drosophila suzukii, pour ses propriétés ovocide et larvicide. Une réunion s’est donc tenue au ministère de l’Agriculture ce mardi afin d’arrêter un plan stratégique.

Côté commercialisation, le ministère s’engage à soutenir la campagne de communication positive qui sera menée conjointement par l’AOPn Cerise et Interfel afin de rassurer consommateurs et distributeurs. L’annonce de ce programme devrait être faite au Medfel.

Des indemisations confirmées, à repréciser

Côté production, l’indemnisation des pertes de récolte a été confirmée par Stéphane Le Foll, même si les conditions d’attribution n’ont pas été évoquées. Des suivis réguliers des vols et des dégâts vont donc être réalisés régulièrement afin de quantifier les pertes pour chaque secteur de production et s’engager dans un plan de prévention. Une réunion se tiendra le 11 mai pour faire un premier bilan.

Après les réunions parisiennes, l’enjeu est la rapidité de diffusion de l’information localement.
Le CTIFL doit ainsi proposer dans les prochains jours un guide de traitement actualisé tenant compte des évolutions règlementaires (suppression du diméthoate, autorisation pour 2016 du cyantraniliprole, et du spinosad, autorisation en attente pour le spinetoram) et les chambres d’agriculture en assurer la diffusion.

"Accompagner les producteurs de cerise dans cette période difficile"

Cette course contre la montre a déjà commencé notamment dans le Vaucluse. La chambre d’agriculture a organisé une réunion d’information ce jeudi 21 avril, sollicitant la Draaf et le préfet afin que les instances gouvernementales prennent leur responsabilité face aux producteurs.

"Il s’agit de mobiliser toutes les énergies et les moyens pour accompagner les producteurs de cerise dans cette période difficile, a souligné gravement André Bernard, le président de la chambre d’agriculture de Vaucluse. Il est possible que nous créions dans les prochains jours une cellule de crise et qu’un numéro soit mis à disposition des producteurs."

En ce qui concerne la clause de sauvegarde nationale décrétée par le ministre, le président reste dubitatif sur sa mise en œuvre:

"Si plusieurs pays ont annoncé l’interdiction du diméthoate (Italie et Espagne, Grèce, Pologne, Hongrie et Slovénie), a priori peu ont l’intention d’adopter cette stratégie de sauvegarde et continueront d’importer des cerises, en provenance de Turquie notamment."

Les contrôles s’annoncent donc très fastidieux!

L'état d'urgence d'un réseau de recherche européen

Outre les mesures d’urgence, la chambre d’agriculture souhaite une implication sur le long terme de la recherche face à Drosophila suzukii. Une dimension qui tient particulièrement à cœur Georgia Lambertin, productrice de cerise et vice-présidente de la chambre d’agriculture:

"Nous ne sommes pas pieds et poings liés avec les traitements. Au contraire. Aujourd’hui la recherche de méthodes alternatives demande de gros financements. Nous avons nos essais à La station La Tapy mais vu l’ampleur aujourd'hui, c’est au niveau national et européen que l’on doit mettre les bouchées doubles. Stéphane Le Foll doit mobiliser ce réseau européen!  Nous nous battrons dans ce sens!"

Ironie du sort, un projet Casdar Cerise sur Drosophila suzukii n'avait pas été retenu l'an dernier, car considéré comme peu innovant. Il devrait être présenté sous un autre angle prochainement afin de permettre la poursuite des recherches. 

Autres articles parus précédemment sur le sujet :
Cerise : pas de dérogation en France, Italie et Espagne
Diméthoate : la Commission européenne est saisie
Drosophila suzukii : 1er plan collectif volontaire

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