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​Récoltes européennes d’abricot

Le potentiel optimal de production ne sera pas atteint

Publié le 23/04/2020 par Aude Bressolier dans
Manque de froid hivernal et gelées printanières semblent avoir durement affecté certains bassins de production. Photo : Dusan Kostic/Adobe stock
Manque de froid hivernal et gelées printanières semblent avoir durement affecté certains bassins de production. Photo : Dusan Kostic/Adobe stock

Les prévisions européennes de récolte d’abricot auraient dû être présentées cette semaine au Medfel. Mais la crise du Covid-19 en a décidé autrement ! Si les chiffres détaillés ne seront dévoilés que la semaine prochaine, on peut d’ores et déjà retenir que, pour cette campagne 2020, le potentiel optimal de production ne sera pas atteint, et ce en toutes zones et tous pays.
Cette année, les conditions climatiques ont été particulièrement compliquées et ont affecté le potentiel de production d’abricot dans tous les pays producteurs. C’est d’abord le manque de froid hivernal pour les bassins de production méridionaux qui a généré une floraison hétérogène et souvent peu abondante. Puis fin mars et début avril, des épisodes de gel ont touché certaines zones de production, affectant parfois fortement la production. Voici le détail par pays…
 
Espagne : dans la région de Murcia, principale zone productrice d’abricot en Espagne, on prévoit pour la deuxième année consécutive une baisse de la production à cause d’une mauvaise floraison et d'une mauvaise nouaison, dues températures élevées du mois de février (les maximales ont parfois atteint les 27°C !). En Aragon, ce sont les gelées sur les variétés précoces qui affectent le potentiel de production, tout comme en Catalogne, où les gelées de fin mars ont causé des dégâts sur les fruits (dommages directs avec des fruits gelés et tombés mais aussi des fruits qui ne se sont pas développés.)
 
Italie : la production italienne a, elle aussi, été fortement impactée par divers épisodes de gel qui sont survenus fin mars et début avril, notamment dans les régions du nord et du centre-sud, le long de la façade adriatique. Avant les gelées, on signalait déjà une floraison moins abondante qu’à l’accoutumée. De plus, dans certaines régions, l’hiver doux n’avait pas couvert les heures de froid nécessaires à la dormance des arbres.
 
France : dans les zones les plus méridionales comme la Crau, la Costière ou le Roussillon, les besoins en froid de nombreuses variétés n’ont pas été satisfaits, la dormance des arbres a été insuffisante d’où une floraison erratique, très longue, avec souvent la présence de bourgeons mal formés ou nécrosés. À la fin mars, certaines zones du nord du Gard mais surtout du Vaucluse, de la Drôme, des Baronnies, de l’Isère et de l’Ardèche ont subi plusieurs épisodes de gel. Si les données de prévision de récolte sont en cours d’élaboration sur les exploitations et dans les OP, on peut déjà tabler sur une production nettement inférieure au potentiel de production du verger français.
 
Grèce : le pays semble un peu plus épargné. Certains dégâts dus aux gelées principalement en Macédoine seront compensés par l’augmentation de la production suite à l’entrée en production de nouveaux vergers. Le Sud n’a pas subi de dégâts.

 

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