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Pommiers

La Suisse teste les OGM contre le feu bactérien

Les pommiers cisgéniques ont déjà montré une bonne résistance au feu bactérien lors d'essais en la-boratoire, indique Agroscope. Photo Agroscope.
Les pommiers cisgéniques ont déjà montré une bonne résistance au feu bactérien lors d'essais en la-boratoire, indique Agroscope. Photo Agroscope.

Le 29 avril dernier, la Suisse, au travers de l’Office fédéral de l’environnement (Ofev), a partiellement autorisé le centre de recherche agricole Agroscope de Reckenholz à mener un essai en plein champ, sur des pommiers génétiquement modifiés dotés d’une meilleure résistance à la maladie du feu bactérien. L'essai a pour but de tester la résistance de ces pommiers contre diverses souches de l'agent pathogène Erwinia amylovora, responsable du feu bactérien. L’essai contribuera également à faire progresser la recherche dans le domaine de la biosécurité, souligne Agroscope. Pour l’heure, les pommiers cisgéniques ont déjà montré une bonne résistance au pathogène lors d'essais en laboratoire, indique le centre de recherche
 
Agroscope avait déposé sa demande début octobre 2015. Les essais doivent débuter au printemps 2016, pour une durée de six ans au maximum. La lignée de pommiers destinée à l'expérimentation a été développée par des chercheurs de l'EPFZ. Par cisgénèse, un gène du pommier sauvage de Sibérie, résistant au feu bactérien, a été introduit dans la variété cultivée «Gala Galaxy». Rappelons que la cisgénèse est un transfert de gène provenant d'espèces étroitement apparentées, alors que la transgénèse correspond au transfert de gènes entre espèces qui ne peuvent pas se croiser d'une manière naturelle.

Doutes et précautions

Bernard Beuret, responsable de la Station phytosanitaire du canton du Jura (nord-ouest de la Suisse), suit notamment le développement du feu bactérien sur son secteur, et commente cette nouvelle :

Cette maladie est arrivée sur notre canton en 1999, avec une forte poussée en 2007, qui a pu être combattue avec succès par des campagnes de surveillance et l’élimination des plantes atteintes. Probablement grâce aussi aux conditions météorologiques sèches de ces derniers printemps. Mais actuellement, nous sommes plus soucieux, avec des conditions humides alors que la floraison des pommiers se termine. Pour revenir à l'autorisation des études en plein champ, elles n’a pas été facile à obtenir, et je doute à titre personnel de l’intérêt des OGM pour lutter contre la maladie : on ne sait pas réellement ce que donnera à plus long terme l’introduction du nouveau gêne. Il serait plus intéressant de sélectionner des plans résistants naturellement, même si cela peut prendre plus de temps.

 
La Suisse observe un moratoire sur les OGM dans la production agricole jusqu’à fin 2017. Seule la recherche est autorisée sous réserve d’une autorisation, rappelle RFJ dans son article. Pour empêcher toute dissémination de pollen cisgénique et ainsi tout risque d’hybridation, Agroscope doit ainsi éliminer les fleurs des plantes cisgéniques. Il doit également prendre des précautions équivalentes à celles ordonnées lors de précédentes disséminations expérimentales en Suisse, pour protéger le site (clôtures, formation des collaborateurs, groupe d'accompagnement chargé de superviser l'essai et d'en rendre compte à l'Ofev, etc.)
 

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