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Journée technique

La Senura présente les méthodes alternatives contre les ravageurs du noyer

La Senura a organisé sa matinée technique sur la parcelle d’un producteur de noix. Photo : C.Even/Pixel Image
La Senura a organisé sa matinée technique sur la parcelle d’un producteur de noix. Photo : C.Even/Pixel Image

Jeudi 26 juillet, la Senura, la station d’expérimentation nucicole Rhône-Alpes, a organisé à Chatte (Isère), une matinée technique sur les méthodes alternatives aux produits phytopharmaceutiques pour lutter contre les ravageurs en vergers de noyers. « La Senura travaille depuis 10 ans sur les produits de biocontrôle », a précisé en introduction Christian Mathieu, président de la Senura.
 
Contre le carpocapse, la stratégie de lutte repose sur la confusion sexuelle avec la pose de diffuseurs de phéromones. La Senura suit sur un ilot impliquant 14 producteurs, différentes méthodes homologuées en vergers de noyer : CheckMate Puffer® (DeSangosse), Rak®3 (BASF), Ginko® Ring (Sumi Agro France) et Ginko® (Sumi Agro France). Chaque méthode a ses points forts et ses points faibles (temps de pose, coût…). L’une des principales contraintes de ces méthodes réside dans le fait que la confusion sexuelle requiert des surfaces minimales de 4 à 5 hectares. La protection ne fonctionne pas si, par exemple, au milieu d’un ilot, un producteur traite son verger de manière classique.
 
Dans les années à venir, une autre méthode alternative de confusion sexuelle, pourrait être proposée aux producteurs. La Senura mène des essais depuis 2017 sur un système développé par la société M2i Life Sciences. Un paintball est utilisé pour projeter dans la canopée des phéromones encapsulées dans des billes. Philippe Pascal, vice-président de la Senura, se réjouit du fait que si les résultats sont satisfaisants, « la firme aura tous les essais nécessaires pour aller à l’homologation. Nous pourrions avoir une autre méthode de confusion d’ici 2 ans ».

Des appâts alimentaires contre la mouche du brou

Contre la mouche du brou, présente en vergers de noyer depuis 10 ans, la lutte est compliquée. « Si on ne fait rien contre elle, on peut avoir jusqu’à 70 à 75 % de dégâts », indique Agnès Verhaeghe, responsable scientifique à la Senura.
 
La station expérimentale travaille sur deux méthodes alternatives dont le principe repose sur l’appât alimentaire : le piégeage massif avec le bol Decis® trap MB (Bayer) et l’insecticide d’origine naturelle, Syneis appat (Dow Agro Sciences). Si le premier produit est homologué contre la mouche du brou du noyer en revanche le second reste sous régime dérogatoire, malgré les demandes faites par la filière noix auprès de la société.
En parallèle de ces techniques, certains nuciculteurs pulvérisent sur les noyers une fine couche d’argile (kaolinite calcinée) afin d’établir une barrière minérale protectrice.
 
En termes de perspectives à plus long terme (5-7 ans), les producteurs pourraient avoir à leur disposition d’autres solutions alternatives pour lutter contre la mouche du brou, grâce aux travaux de recherche fondamental menés par le laboratoire d’Entomologie fonctionnelle et évolutive de l’université Gembloux Agro-Bio Tech (Liège, Belgique).
 

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