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​Kiwi rouge

Il cultive sous des serres photovoltaïques

Publié le 11/03/2020 par Bérengère Bosi dans
Le kiwi rouge Dored présente un goût plus doux, plus sucré et moins acide que le kiwi vert, explique le producteur Jean-Michel Aurières. Photo : Reden Solar
Le kiwi rouge Dored présente un goût plus doux, plus sucré et moins acide que le kiwi vert, explique le producteur Jean-Michel Aurières. Photo : Reden Solar

Cet article, publié dans l'Arboriculture fruitière n°736, de mars 2020, vous est proposé gratuitement et dans son intégralité. Pour vous abonner à la revue, RDV sur le kiosque ! 

Jean-Michel Aurière, producteur en Occitanie, s’est lancé en 2018 dans la culture de kiwi rouge sous serre photovoltaïque. Sa première récolte, réalisée en octobre 2019, a largement rempli ses espoirs. Le producteur veut désormais voir plus loin.
 
«J’ai découvert le kiwi rouge Dored en Italie et j’ai été séduit à la dégustation », explique Jean-Michel Aurières, qui cultive du kiwi rouge dans le Lot-et-Garonne. Une texture fine, un goût de fruit rouge qui reste en bouche, un taux de sucre assez élevé : le kiwi rouge à tout pour plaire. Mais il présente un défaut majeur : « il est très sensible à la bactériose PSA », indique le producteur.
Convaincu du potentiel du fruit, Jean-Michel Aurières contacte la société Reden Solar, spécialisée dans les serres photovoltaïques. « Au moment où j’ai eu l’idée de produire du kiwi rouge, j’ai appris que Reden Solar proposait la location de serres photovoltaïques sur des terres situées à une vingtaine de kilomètres de mon exploitation. J’ai saisi l’occasion ! »
L’agriculteur, qui produisait déjà pommes, pêches, céréales, asperges et kiwis verts bio, contacte alors l’entreprise, basée à Roquefort, dans le Lot-et-Garonne. Il investit les lieux à la fin de l’année 2017, effectue ses premières plantations en mai et en juin 2018, et réalise ses premières récoltes en octobre 2019.

Un partenariat gagnant-gagnant

La société Reden Solar a mis trois blocs de serres photovoltaïques à disposition du producteur. « Il s’agit de serres chapelles Venlo de fabrication hollandaise, qui répondent aux normes du bâtiment et qui s’avèrent, par conséquent, très résistantes », explique Jean- Jacques Arribe, directeur général de Reden Investissements.
L’entreprise Reden Solar produit quant à elle les panneaux photovoltaïques. « Nous sommes propriétaires des terres et des serres, qui sont louées au producteur sur la base de baux traditionnels agricoles.» Reden Solar fournit ainsi les terres et le bâtiment dont elle assure l’entretien, et exploite l’énergie photovoltaïque produite.
De son côté, le producteur a aménagé l’intérieur de la serre en fonction de ses besoins. « Le projet a représenté un investissement de plus de 500 000 € », explique Jean-Michel Aurières. Un montant qui comprend l’achat des plants, la structure intérieure de la serre, le système d’irrigation, mais également l’installation de mobile home pour accueillir les salariés.

Efficace pour les espèces très florifères

Pour éviter que les cultures soient trop ombragées par les panneaux photovoltaïques, la serre est exposée nord-sud, de façon à ce que toutes les zones de la serre puissent être exposées au soleil. « Le kiwi rouge est une plante de mi-ombre, bien plus florifère que le kiwi vert. Il est par conséquent parfaitement adapté à la culture sous serre photovoltaïque, explique Jean- Michel Aurières. Je vais peut-être mener des essais sur kiwis verts, mais comme il est moins florifère, je crains que l’ombre des serres réduise considérablement le rendement. »
La serre photovoltaïque présente par contre des atouts indéniables pour la culture de kiwi rouge. « C’est une variété très technique et particulièrement sensible à PSA. Sans la protection de la serre, les arbres mourraient probablement tous, note le producteur. Il faut toutefois être particulièrement vigilant pour que les ravageurs tels que la punaise diabolique, le thrips ou encore la cicadelle n’entrent pas dans la serre. Pour ma part, j’anticipe en posant des pièges. »
Au-delà de la protection contre PSA, la serre présente d’autres atouts : la protection contre les aléas climatiques, mais également les meilleures conditions de travail pour la main-d’œuvre.

Objectif : 30 tonnes/hectares

Pour sa première récolte, Jean-Michel Aurières a récolté 2,5 à 3 tonnes par hectare. Un rendement qu’il estime satisfaisant pour une première récolte. Il vise les 10 tonnes/hectare en 2020 et même les 25 à 30 tonnes/ hectare à compter de 2023.
« Pour le moment, seules deux des trois serres que je loue ont été récoltées. Dans la troisième, j’ai mis des plants mâles et j’ai fait des essais sur kiwi jaune », explique le producteur.
Les premiers fruits récoltés ont été mis en marché par la structure du producteur, Aurières fruits, ainsi que par Cancel Fruits, qui a accompagné le projet.
L’expérience de Jean-Michel Aurières fait des émules : « Plusieurs producteurs souhaitent se mettre avec moi à la production de kiwi rouge, car nous sommes convaincus que c’est un produit d’avenir. D’autant plus que la serre devient un atout incontournable face au changement climatique. »

Article publié dans l'Arboriculture fruitière n° 736 de mars 2020. 

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