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Station expérimentale La Tapy

Drosophila suzukii : la filière cerise est dans une impasse

Publié le 09/07/2018 par Caroline EVEN dans
Visite des essais « comparaison de différents modes de conduite » lors de la journée organisée par La Tapy. Photo : C.Even/Pixel Image
Visite des essais « comparaison de différents modes de conduite » lors de la journée organisée par La Tapy. Photo : C.Even/Pixel Image

Mardi 3 juillet, la filière cerise s’est réunie au domaine expérimental de la Tapy, situé à Carpentras, pour assister à la journée annuelle de compte-rendu d’expérimentations. Les résultats présentés concernaient notamment les stratégies de contrôle utilisables face à Drosophila suzukii.

Depuis le début de la saison, les producteurs sont confrontés à une « impasse technique » face à ce ravageur et à une situation économique tendue.

« Nous n’avons pas d’outils pour nous battre contre Drosophila suzukii. Quand la pression est trop élevée, nous n’y arrivons plus », a déploré Jean-Christophe Neyron, président de l’AOP cerises de France.

« Il s’avère que les dégâts économiques causés actuellement par cette mouche sont de loin le problème majeur des producteurs. La récolte 2018 a été en effet très durement impactée par les drosophiles favorisées par le climat de cette année. Généralement, c’est la moitié de la récolte qui a été perdue dans les vergers en protection fruitière intégrée », a souligné de son côté La Tapy dans un communiqué.

Pas de stratégies transférables pour 2019

Au cours de l’après-midi, les expérimentateurs ont présenté les résultats des essais « stratégies » avec plusieurs traitements phytosanitaires incluant des produits de biocontrôle et des essais avec protection sous filet, mais à l’heure actuelle ils n’ont pas de « méthode miracle » à proposer aux producteurs pour lutter contre cet insecte lors de la prochaine campagne.

 « La situation est donc critique du fait du manque de stratégies alternatives et durables immédiatement transférables à la production pour la saison 2019. Parmi ces alternatives, la protection sous filet est particulièrement efficace puisqu’elle permet de réduire très fortement les dégâts sur fruit comme les traitements phytosanitaires. Cependant, cette solution demande un investissement financier important qui freine sa mise en place », a expliqué le domaine.

Dans ce contexte, l’AOP cerises de France a indiqué qu’elle étudiait un plan de restructuration du verger de cerisier et qu’elle ferait rapidement des propositions concrètes.

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