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Biocontrôle microbien : quels retours d’expérience ?

Publié le 19/11/2020 par Aude Bressolier dans
 En arboriculture, les maladies bactériennes (feu bactérien et autres bactérioses causé par Erwinia, Pectobacterium et Pseudomonas) sont la cible prioritaire du biocontrôle. Photo : murasal/Adobe stock
En arboriculture, les maladies bactériennes (feu bactérien et autres bactérioses causé par Erwinia, Pectobacterium et Pseudomonas) sont la cible prioritaire du biocontrôle. Photo : murasal/Adobe stock

Dans le cadre de la thèse qu’il mène au sein de l’unité pathologie végétale de l’Inrae Paca, Thomas Pressecq publie les premiers enseignements de l’enquête sur les retours d’expérience et les avis des utilisateurs du biocontrôle, lancée par le GIS Fruits en mai 2020. L’objectif de sa thèse est d’optimiser l’usage du biocontrôle (et du biocontrôle microbien en particulier) par le développement d’outils d’aide à la décision sur la base de facteurs d’efficacité.

Le biocontrôle microbien en « dernier recours »

Si le biocontrôle est maintenant connu et utilisé par la plupart des arboriculteurs français (environ 75 % selon les questionnaires et 65% selon l’enquête IBMA France de 2018), les différentes techniques et outils qui le composent ne sont toutefois pas équivalents en termes d’utilisation concrète et de reconnaissance par le monde agricole, comme le souligne Thomas Pressecq : « Dans le cas de l’arboriculture, un certain nombre de mesures comme la confusion sexuelle par phéromone ou le lâcher d’auxiliaire sont désormais assez répandus dans tous types de production. Pour autant, dans le cas du biocontrôle microbien contre les maladies des plantes, l’utilisation reste à moins de 40% chez les interrogés et se concentre sur des usages très spécifiques où peu ou pas de solution alternative existe. Le biocontrôle microbien reste cantonné à des utilisations ponctuelles. Certaines semblent être de « dernier recours » dans des situations sans issue où aucune autre solution n’est réellement efficace ou encore autorisée (maladies bactériennes et maladies de conservation) ».
 

Une méconnaissance des conditions d’utilisation optimales

Ce taux d’utilisation en retard par rapport aux autres méthodes de protection serait en partie liée aux résultats d’efficacité parfois mitigés d’après les résultats d’expérimentation et l’efficacité déclarée lors de l’enquête (à peine à 10/20 selon le questionnaire).
Selon Thomas pressecq : « Cette faible efficacité peut être expliquée par le manque d’information concernant les méthodes et les moments optimum de déploiement maximisant l’efficacité des produits. En effet, les conditions d’utilisation optimales ne semblent être que partiellement connues par les utilisateurs. » 
L’enquête se poursuit, se focalisant maintenant sur des entretiens en face à face avec des utilisateurs de biocontrôle microbien en maraîchage afin de collecter plus de détails sur les usages concrets de ces produits ainsi que les attentes pour les futurs outils d’aide à la décision afin de favoriser l’usage du biocontrôle microbien
Si vous souhaitez, vous aussi, apporter votre contribution à ces travaux de recherche, vous pouvez déposer vos retours d’expériences et vos avis sur les produits de biocontrôle dans ce questionnaire en ligne.

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