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"Laissons la porte ouverte au dialogue interprofessionnel"

Charlie Gautier, trésorier de la FNPF

Charlie Gautier, trésorier de la FNPF, revient avec nous sur le projet de décret de contractualisation dans la filière.

L’Arboriculture Fruitière : La FNPF confirme sa position favorable concernant  la mise en œuvre de la contractualisation dans la filière…
Charlie Gautier : Oui ! Il est grand temps de moraliser les choses ! Aujourd’hui, les contrats qui relieraient une coopérative ou un expéditeur à ses fournisseurs sont inexistants… C’est une bonne chose qu’un décret aide à tisser un lien plus fort entre les producteurs et les acheteurs, quels qu’ils soient (coopératives, expéditeurs, magasins, restaurateurs), vers une structuration et une meilleure visibilité du marché. Les producteurs se verront ainsi systématiquement proposer des contrats par leurs acheteurs : libres à eux de les refuser ou de les accepter.

La FNPF, tout comme Légumes de France, rappelle que la revendication de base était et reste une contractualisation sur l’ensemble des actes commerciaux…
C.G. : Une chose après l’autre ! On s’intéresse d’abord aux relations entre les producteurs et leurs premiers metteurs en marché. La deuxième étape, qui mettra en place une contractualisation entre le distributeur et le premier metteur en marché, pour un rééquilibrage total des forces au sein de la filière, sera envisagée ultérieurement : on ne peut pas tout faire en même temps. Cependant, il faut rappeler que l’objectif n’est pas d’y arriver via un décret ministériel, mais, au contraire, d’aboutir enfin à la mise en place d’accords interprofessionnels, dans le cadre de la contractualisation, entre l’amont et l’aval de la filière. Tout se passe mieux quand on ne travaille pas avec décret, laissons donc la porte ouverte au dialogue interprofessionnel !

On entend parler de risques de discrimination envers les producteurs indépendants, de perte de liberté…
C.G. : La mise en œuvre de ce décret est un véritable tremblement de terre au sein de la profession ! Les agriculteurs ont parfois du mal à percevoir l’intérêt collectif sous-jacent à l’application de certaines mesures. Il y a sans doute une petite perte de liberté… mais la liberté d’aujourd’hui ne conduit qu’à une désorganisation du marché ! Je n’ai rien contre les producteurs indépendants, chacun est libre du choix de son mode d’organisation, mais il est nécessaire que la filière se structure, s’organise, et que les producteurs soient à même d’obtenir des notions de prix en collectif. Je ne dis pas qu’il ne faut qu’un seul metteur en marché par produit, car il est nécessaire de laisser vivre les entreprises. Seulement, la contractualisation, c’est redonner un pouvoir fort aux producteurs organisés comme indépendants, structurer la filière… Les expéditeurs et les producteurs indépendants qui « papillonnent » partout ne lui causent rien d’autre que du tort.

Propos recueillis par F.C-M.

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