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Bilan

Premier hiver sans légumes bio issus de serres chauffées

Pour la première fois, les producteurs de légumes français n'ont pas pu, de décembre à avril, commercialiser de produits bio cultivés sous serre chauffée. CP :  lamurebenjamin/Adobe Stock
Pour la première fois, les producteurs de légumes français n'ont pas pu, de décembre à avril, commercialiser de produits bio cultivés sous serre chauffée. CP : lamurebenjamin/Adobe Stock

Depuis le 1er mai, les producteurs de légumes sous serre chauffée peuvent à nouveau vendre leurs produits avec le label bio, après quatre mois d’interdiction. Interfel dresse un bilan mitigé de cette interdiction appliquée pour la première fois cette année.

Pour la première année depuis la décision du Comité national de l’agriculture biologique prise en juillet 2019, les maraîchers français n’ont pas pu, entre le 21 décembre 2019 et le 30 avril 2020, commercialiser de produits bio issus de serres chauffées. Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, tire un premier bilan plutôt mitigé.
 

Peu de Français au courant de la réglementation

Selon les résultats d’une enquête menée par l’interprofession en février dernier auprès de 1 000 personnes, 40 % des Français disent comprendre les objectifs environnementaux de cette interdiction, et 73 % se déclarent favorables à cette réglementation.
Cependant, seuls 13 % des Français étaient au courant de cette nouvelle réglementation, et près de 50 % des personnes sondées ont avoué ne pas s’être rendu compte que les produits concernés par la mesure n’étaient pas disponibles en AB dans les magasins.
Selon les déclarations des personnes interrogées, 30 % ont reporté leurs achats sur des légumes français non bio, 9 % ont choisi le bio non français et 8 % ont limité leurs achats de fruits et légumes frais.
 

Interfel dénonce les distorsions de concurrence

« Cette étude met en évidence, comme Interfel le craignait, que la décision est largement ignorée des Français et qu’elle a partiellement profité au bio non français. Elle a contribué également à la baisse de consommation de F & L, qui est pourtant un enjeu de santé publique », indique Interfel dans un communiqué du 5 mai.
L’interprofession déplore avant tout que cette nouvelle réglementation, qui interdit la commercialisation de légumes bio issus de serres chauffées, soit uniquement franco-française. « Interfel insiste sur la nécessaire harmonisation des décisions avec les autres pays membres de l’UE afin d’éviter les distorsions de concurrence ; ceci dans une optique à la fois de cohérence entre les opérateurs et de transparence vis-à-vis du citoyen. Ce qui n’est en l’occurrence pas le cas ! », conclut l’interprofession.

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